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Un patrimoine artistique à préserver

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Marc Zamansky, dernier doyen honoraire de la faculté des sciences de Paris

La matérialisation de la pensée scientifique au coeur de Paris

En 1941, élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, alors qu’il est encore étudiant, Marc Zamansky entre dans la résistance en intégrant le réseau Mithridate et s'engage dans les Forces françaises libres. Il est arrêté en 1943 et ...

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Quelques dates

  • 1968 : éclatement de la Faculté des sciences
  • 1971 : création de "l'université Paris 6"
  • 1974 : Paris 6 devient "université Pierre et Marie Curie"
  • 2007 : "UPMC", nom officiel de l'université

Un patrimoine artistique à préserver

Jusqu’alors délaissé et peu mis en lumière, le patrimoine artistique est aujourd’hui au coeur de la mission créée en 2009 par Jean-Charles Pomerol, président de l’UPMC. Cette mission consiste à assurer l’inventaire et la conservation, rechercher des possibilités de mécénat, valoriser et faire connaître le patrimoine artistique et historique de l’université. Un travail de recherche conséquent a d’ores et déjà permis de dresser un inventaire documenté des oeuvres d’art du campus, acquises en grande partie dans les années 60-70 grâce au « 1 % artistique ».

L'obligation de « décoration » des constructions publiques, plus communément dénommée « 1 % artistique » permet depuis bientôt 60 ans l’expression d’une volonté politique de soutien à la création et de sensibilisation à l’art contemporain. La procédure spécifique impose aux maîtres d'ouvrages publics de réserver un pour cent du coût de leurs constructions pour la commande ou l'acquisition d'oeuvres spécialement conçues. Le dispositif, d'abord limité aux bâtiments du ministère de l'éducation nationale lors de sa création en 1951, a connu de 59 à 69 une impulsion nouvelle avec André Malraux, avant d’être élargi à la plupart des constructions publiques de l'état et à celles des collectivités territoriales, puis  récemment simplifié.

Le service de la création artistique fut ainsi fondé en 1962 par le ministère Malraux. Trois ans plus tard, un bureau des travaux de décoration des édifices publics et une commission de la création artistique furent mis en place ainsi qu’un réseau de conseillers artistiques régionaux. Jean Lescure fut alors nommé conseiller technique pour la « décoration au titre du 1 % » de la faculté des sciences de Paris. Les propositions de réalisations instruites par ce dernier étaient présentées devant la commission de la création artistique ; après avis de celle-ci, un arrêté d’agrément ministériel de l’artiste pour la réalisation pouvait alors être signé, suivi de la signature d’un marché de commande avec la maîtrise d’ouvrage (à l’époque, le service constructeur des académies de la région parisienne), soumis à l’approbation du recteur représentant le ministre de l’éducation nationale.

A ce jour,  les différents ensembles architecturaux qui composent le campus Jussieu sont bien distincts, tant dans leur conception architecturale que dans les intentions artistiques.

Quatre architectes furent tout d’abord choisis pour travailler sur le projet de construction de la faculté des sciences de Paris sur les anciennes halles aux vins : Urbain Cassan, Louis Madeline, René Coulon et Roger Seassal. Le premier bâtiment fut construit le long du quai Saint-Bernard en 1958, et des travaux débutèrent le long de la rue Cuvier pour s’achever en 1961, date à laquelle un programme fut véritablement défini. La décoration de ces bâtiments était sensée servir l’architecture. Elle faisait appel à des artistes habitués des commandes publiques. Les toiles réalisées par Planson, Souverbie, Despierre, fidèles à la peinture figurative, traitent de thèmes faisant référence au monde scientifique.

André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, visite le chantier et décide d'intégrer édouard Albert à l'équipe des architectes. Celui-ci établit un plan de masse qui apporte des changements significatifs : les différents corps de bâtiments forment un damier, appelé aujourd'hui Gril d'Albert, comprenant 21 cours de 45 m sur 33 m. Une tour de 85 m surplombera par ailleurs la cour d’honneur. Le projet est approuvé le 25 avril 1963 par le conseil général des bâtiments de France présidé par André Malraux. Ce dernier précise : «  […]  cette réalisation constituera une tentative assez exceptionnelle d'architecture linéaire devant permettre de confier la décoration de l'édifice à quelques-uns des plus grands artistes contemporains. » De nombreux artistes sont alors pressentis : Henri Georges Adam, André Beaudin, Jean-Claude Bédard, Jean Dubuffet, Léon Gischia, Jacques Lagrange, Henri Matisse, Alexandre Calder, Pablo Picasso, Fernand Léger, Raoul Ubac, François Stahly, Victor Vasarely et Georges Braque. Le souci décoratif qui subordonne l’oeuvre au lieu est abandonné. L’art non figuratif s’impose, tandis que des oeuvres originales prennent place dans les cours.

Bien que les crédits n’aient pas tous été utilisés, les décors monumentaux les plus ambitieux n’ont pas été réalisés et certains projets seront abandonnés pour des raisons financières, ou par manque de temps, tels le proet d’Ubac d’un vaste amphithéâtre de plein air en ardoise et celui de la céramique de Léger dont la maquette se trouve au musée de Biot. édouard Albert prévoyait aussi à chaque étage de la Tour  un décalage des façades amorçant un léger mouvement hélicoïdal et permettant de recevoir une fresque de Braque - les Oiseaux.

Ce projet n’a pu être réalisé. La maquette achetée par le bureau des Travaux d’Art en 1964 est inscrite à l’inventaire du Dépôt. D’autres oeuvres ont malheureusement disparu : les peintures de Jean Claude Bédard - en raison de la réfection des terrasses - ou encore la grande mosaïque - Les Géants, réalisée pour la Tour par Jacques Lagrange.

Les oeuvres, qui témoignent encore aujourd’hui de ce projet grandiose permettent de situer l’ensemble architectural dans le contexte artistique de l’époque. Elles méritent une attention particulière. C’est pourquoi l’UPMC, affectataire des oeuvres du 1 % artistique, s’associe à la démarche entreprise par la maîtrise d’ouvrage de la réhabilitation du campus, qui définit les interventions à prévoir avec les ayants-droit de chaque artiste ou leurs représentants (restauration, reconstruction ou déplacement). L’université  travaille en concertation avec l’établissement public du campus de Jussieu dans la perspective d’une mise en valeur globale. Des visites découvertes du patrimoine architectural sont déjà organisées. Des plaques informatives seront réalisées et la présentation des oeuvres sur différents supports éditoriaux est programmée. L’état des lieux qui vous est présenté témoigne de la richesse de ce patrimoine à redécouvrir et à préserver.

 

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