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Entretien avec Thierry Van de Wyngaert

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Marc Zamansky, dernier doyen honoraire de la faculté des sciences de Paris

La matérialisation de la pensée scientifique au coeur de Paris

En 1941, élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, alors qu’il est encore étudiant, Marc Zamansky entre dans la résistance en intégrant le réseau Mithridate et s'engage dans les Forces françaises libres. Il est arrêté en 1943 et ...

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Quelques dates

  • 1968 : éclatement de la Faculté des sciences
  • 1971 : création de "l'université Paris 6"
  • 1974 : Paris 6 devient "université Pierre et Marie Curie"
  • 2007 : "UPMC", nom officiel de l'université

Entretien avec Thierry Van de Wyngaert

Rencontre avec Thierry Van de Wyngaert, architecte en charge de la réhabilitation de la tour Zamansky. « Des équipements techniques aux normes, un espace intérieur aéré et lumineux, une façade épurée : la tour fait peau neuve ».

La tour présente aujourd’hui son nouveau visage. Pouvez-vous nous présenter, dans ses grandes lignes, votre projet architectural, pierre angulaire de la réhabilitation de cet imposant édifice de 95 mètres ?

Thierry Van de Wyngaert : Le projet architectural de la tour, tel que nous l’avons conçu en 2005, était global. Il consistait à la fois en une remise aux normes complète des installations techniques devenues obsolètes avec le temps, un travail sur la façade, une redistribution des circulations des vingt-quatre plateaux destinés à accueillir des bureaux et des salles de réunion que compte l’édifice et, enfin, la création d’un système d’éclairage innovant visant à retrouver le projet originel d’un tour en mouvement voulu par l’architecte édouard Albert. Cette transformation à la fois de l’espace intérieur et de la perception extérieure de l’édifice s’est déroulée en phases successives au cours de deux ans et demi de travaux.

Quelles sont les transformations successives apportées à la tour ?

T. V-de-W. : Lorsque le chantier a débuté, la tour était vide et désamiantée. Il n’en restait que la structure de base composée du noyau en béton et des systèmes porteurs périphériques. C’était le moment idéal pour une remise aux normes générale d’installations devenues obsolètes depuis leur mise en place au début des années 1970. Tout a été revu : de l’électricité à la plomberie en passant par les câblages informatiques, le système de ventilation, l’éclairage, les faux plafonds, les sanitaires, etc.

Un travail sur la façade a également été réalisé afin de respecter les normes de sécurité et de répondre aux nouvelles exigences thermiques en vigueur.
Nous avons pour cela déshabillé la tour en lui ôtant toutes ses fenêtres. L’objectif était de lui redonner une nouvelle vie en épurant sa façade. Le verre fumé a laissé la place à un verre plus transparent et l’habillage en aluminium des panneaux de façade composé de traverses intermédiaires et de trumeaux a été allégé : les traverses ont disparu et des trumeaux de quinze centimètres ont remplacé les anciens de quarante centimètres. Résultat, la tour offre désormais une vue panoramique exceptionnelle sur Paris pour ses utilisateurs.

Votre projet consistait également en une redéfinition de l’espace intérieur et de la circulation sur les 24 plateaux de l’édifice, comment avez-vous procédé ?

T. V-de-W. : Auparavant, un couloir sombre s’articulait autour du noyau dur de la structure et desservait les bureaux sur chaque plateau. Notre volonté a été de repenser cet espace et de le rendre ouvert sur la ville et éclairé naturellement. Les bureaux sont maintenant uniquement orientés à l’est et à l’ouest pour bénéficier des meilleures conditions de luminosité, ceux orientés au nord ont été transformés en salles de réunion jouissant ainsi d’une vue magnifique sur la capitale tandis qu’une coursive a été créée côté sud, favorisant ainsi l’entrée de la lumière sur le plateau et offrant aussi un espace de détente pour les utilisateurs. Les circulations verticales et les ascenseurs existants ont également été remis aux normes.

L’autre défi de votre projet était de renouer avec l’esprit du projet d’origine d’édouard Albert qui conférait à la tour un mouvement dynamique. Pouvez-vous nous dévoiler votre concept ?

T. V-de-W. : Le projet d’origine prévoyait, en effet, à chaque étage, un décalage des façades de six centimètres par rapport à la ligne des poteaux tubulaires, conférant à la tour un mouvement dynamique. Ce procédé présentait l’avantage d’alléger la tour, le dessous des dalles béton passant de 6 cm au 24e étage à 1,44 m au premier étage. Ces sous-faces devaient comporter des fresques de Georges Braque, « Les oiseaux ». Faute de moyens, le projet ne verra pas le jour sous cette forme. Notre projet reprend la volonté originelle d’une tour en mouvement. Comment ? En créant des gorges lumineuses en faux-plafond des bureaux, pivotant géométriquement d’un étage à l’autre, le dessous des dalles se révélant ou se cachant au fur et à mesure qu’on s’approche ou s’éloigne du pied de la tour. Pour cela, nous avons imaginé un système d’éclairage en dégradé de couleurs pastelles formant un carré désaxé qui bouge d’un étage à l’autre. Selon l’heure de la journée à laquelle on la regarde et l’endroit où l’on se trouve, la tour présente un visage différent ! Notre ambition est ainsi de contribuer à faire changer le regard sur un bâtiment mal-aimé pour beaucoup de parisiens, mais qui constitue néanmoins notre patrimoine commun.