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De l'âge d'or au déclin

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Marc Zamansky, dernier doyen honoraire de la faculté des sciences de Paris

La matérialisation de la pensée scientifique au coeur de Paris

En 1941, élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, alors qu’il est encore étudiant, Marc Zamansky entre dans la résistance en intégrant le réseau Mithridate et s'engage dans les Forces françaises libres. Il est arrêté en 1943 et ...

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Quelques dates

  • 1968 : éclatement de la Faculté des sciences
  • 1971 : création de "l'université Paris 6"
  • 1974 : Paris 6 devient "université Pierre et Marie Curie"
  • 2007 : "UPMC", nom officiel de l'université

De l'âge d'or au déclin

Couronnement de Philippe Auguste

Les nombreux escoliers attirés par les maîtres, des clercs plus ou moins réguliers, qui enseignaient, moyennant rétribution, autour des abbayes, forment avec leurs maîtres une communauté de plus en plus remuante. Ils s’organisent en corporation « Universitas » et obtiennent en 1215 leur reconnaissance et le privilège de leur propre justice, du légat du pape s’est confirmé ensuite par le roi Philippe Auguste. L’université existe par la liberté de s’auto-organiser, d’élire ses responsables et par le monopole de délivrance des grades (licentia docendi) ; c’est le principe des corporations et l’université n’était que l’une d’entre elles. C’est l’âge d’or de l’université de Paris, qui joue à merveille des divergences de vue entre le roi et le pape pour affermir son autonomie. C’est l’époque des fondations souvent destinées à la création de collèges où sont reçus les étudiants, où ils vivent et disposent de répétiteurs. C’est la création d’un système qui se perpétue à Oxford ou Cambridge et, dans une moindre mesure, sur certains campus de par le monde.

 

Le 14e siècle marque le début du déclin, c’est une période de crise dans la papauté et dans la royauté avec la guerre de cent ans. L’Eglise se sclérose avec l’université. Villon est un escolier de cette époque violente, représentatif des étudiants plus intéressés aux prébendes accessibles aux licenciés et docteurs, qu’aux controverses intellectuelles. Les activités qui survivent sont celles qui conduisent directement à un bénéfice professionnel comme le droit, la médecine et la théologie; il n’y a plus d’effervescence intellectuelle mais un ressassement stérile des anciens auteurs. Les papes ont autre chose à penser avec la renaissance en Italie et la réforme qui se profile, le roi en profite pour retirer à l’université ses privilèges (1445). C’est le début d’un long déclin duquel seules quelques facultés de droit émergeront car il fallait bien des cadres pour le royaume, de science point. A la Renaissance, elle s’était réfugiée à la cour du pape, des rois ou des princes et dans des institutions ad hoc de type Collège de France et ultérieurement, au 17e siècle dans les académies, les observatoires, le jardin du roi, etc. La formation supérieure se réfugie dans les collèges tenus par les jésuites ou leurs concurrents, c’est la séparation de la formation supérieure et de la recherche qui s’établit pour longtemps puisque qu’elle reste encore le modèle dominant en France. L’abbaye Saint-Victor et l’université de Paris déclinent de concert dans une totale indifférence. La bibliothèque de l’abbaye sera dispersée à la révolution, une partie jetée à la Seine dit-on et les bâtiments vendus et en  partie démolis.



15/10/09