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Packaging, la vie en deux couleurs !

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Packaging, la vie en deux couleurs !

Conservée au British Museum, la coupe de Lycurgue est un objet qui intéresse autant les historiens de l’art que les scientifiques. Selon l’orientation de l’éclairage, le verre change de teinte, passant du vert opaque au rouge translucide. Olivier Pluchery, maître de conférences UPMC et chercheur à l’institut des Nanosciences de Paris (INSP, UPMC/CNRS) étudie précisément les propriétés bichromatiques (deux couleurs) de certains matériaux. En collaboration avec le laboratoire de chimie-physique (LCP, Université Paris XI/CNRS) et le laboratoire « Interfaces Traitements Organisation et DYnamique des Systèmes » (ITODYS, Université Paris-Diderot/CNRS), il a récemment mis au point un procédé de coloration bichromatique de films plastiques polymères par inclusion de nanoparticules sphériques d’or ou d’argent.

 

Les propriétés de ces films sont intéressantes pour les acteurs du marché des films décoratifs. En effet, qu’il s’agisse de revêtir des surfaces vitrées en architecture ou encore des emballages pour des produits de luxe, l’apport de caractéristiques optiques originales contribuant sensiblement à l’effet esthétique que produisent les objets est toujours recherché. Dans le secteur cosmétique, outre la formulation de compositions ou les modes d’application des produits, l’un des principaux axes d’innovation est de design du packaging.

 

En effet, des études réalisées auprès de consommateurs ont démontré qu’aujourd’hui, pour un achat qui n’est généralement pas planifié, il faut pour la majorité des clients potentiels moins de trois secondes pour faire leur choix. Dans ce contexte, le travail sur l’emballage des produits est à même d’augmenter les ventes jusqu’à 30% dès la mise en rayon sans effort de communication. Le packaging est ainsi de plus en plus considéré comme le premier contact que les marques peuvent établir avec leurs clients.

 

Lutech a décidé de travailler avec l’équipe afin de mettre en place d’un programme de maturation et d’en promouvoir les résultats auprès des acteurs industriels du domaine. Le programme, qui s’étalera sur 12 mois, devrait débuter en début d’année prochaine. Il permettra notamment de consolider le processus de fabrication, de développer de nouveaux couples de couleurs et d’engager des négociations avec des entreprises actives sur le marché en vue d’un transfert de la technologie (licensing).

Pour en savoir plus :

Institut des Nanosciences de Paris (INSP, UPMC/CNRS)Nouvelle fenêtre

Laboratoire de chimie-physique (LCP, Université Paris XI/CNRS)Nouvelle fenêtre

Laboratoire « Interfaces Traitements Organisation et DYnamique des Systèmes » (ITODYS, Université Paris-Diderot/CNRS)Nouvelle fenêtre

 

La coupe de Lycurgue, aujourd’hui conservée au British Museum, est un rare exemple du savoir-faire antique romain dans la conception de diatreta. Au-delà de la prouesse technique que représente la fabrication de cet objet et particulièrement de la scène mythologique en relief (qui représente Dionysos, Pan et un satyre ainsi que le roi de Thrace Lycurgue luttant avec la ménade Ambrosia transformée en vigne par Gaia), la coupe est exceptionnelle en ce qu’elle est composée d’un verre qui peut apparaître sous deux couleurs radicalement différentes : les teintes alternent entre le vert et le rouge suivant la provenance de l’éclairage. La paroi de verre, qui comprend des nanoparticules colloïdales d’or et d’argent, présente une coloration olivâtre lorsqu’elle est éclairée de l’extérieur et déploie de riches et lumineuses tonalités de pourpre et d’orangé-rouge lorsqu’elle est éclairée de l’intérieur. Sa fabrication est établie aux environs du quatrième siècle av. J.-C.

 

Les diatreta correspondent à une catégorie de récipients à boire, généralement en verre, comportant un corps principal évasé dont une partie de la surface est associée ponctuellement à un corps périphérique constitué de décorations qui apparaissent nettement en relief (ex. scènes, broderies, maillages, typographies…). La technologie de fabrication de ces objets était probablement proche de celle des camées et nécessitait une grande maîtrise des techniques d’abrasion.

 

Le bichromatisme, qui est intimement lié à la taille nanométrique des inclusions métalliques, a jusqu’à présent été peu étudié, il diffère du dichroïsme qui correspond à une variation de couleur liée à une modification de la polarisation de la lumière.

 

La SATT LutechNouvelle fenêtre

 

Olivier Pluchery, maître de conférences (UPMC), Hynd Remita, chargée de recherche (CNRS) et Delphine Schaming, maître de conférences (Université Paris 7), sont ainsi parvenus à réaliser des films bichromatiques (i.e. deux couleurs complémentaires translucides), pour lesquels les couleurs observées en transmission et en rétrodiffusion sont radicalement différentes.

 

À lire : « Ambrosia et lycurgue emballent vos cosmétiques »Nouvelle fenêtre

 

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16/12/16