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Des réserves naturelles sous haute surveillance

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Des réserves naturelles sous haute surveillance

Protéger le milieu marin dans l'océan Austral

À des milliers de kilomètres de la métropole, les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) sont un observatoire grandeur nature de la représentativité et de la conservation de la biodiversité tropicale (îles Éparses), subtropicale (Saint-Paul et Nouvelle Amsterdam), subantarctique (Crozet et Kerguelen) et antarctique (Terre Adélie).

Le Marion Dufresne (navire océanographique et ravitailleur). © P. Koubbi

 

Philippe Koubbi, professeur UPMC au laboratoire BOREA (« Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques », CNRS/MNHN/IRD/UPMC/Université Caen Normandie/Université des Antilles) travaille avec ses collègues biologistes, océanographes et physiciens en Antarctique de l’Est à la définition d’aires marines protégées (AMP) incluant la mer de Dumont d’Urville pour la commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). Ces chercheurs sont également impliqués dans le projet d’extension au niveau marin de la réserve naturelle des Terres Australes Françaises qui couvre 672000 km². L’extension de cette réserve a été déclarée le 12 décembre 2016.

 

Éléphant de mer, îles Kerguelen. © P. Koubbi

 

Il y a quelques années, la CCAMLR avait proposé de mettre en place un réseau représentatif d’AMP d’ici à 2012 conformément à la décision prise par le Sommet mondial sur le développement durable en 2002. La France avait indiqué sa volonté de contribuer à cet effort dans la zone subantarctique indienne de l’océan Austral et dans l’Est Antarctique où se concentre l’expertise scientifique française incluant des laboratoires de Sorbonne Universités tant à l’UPMC qu’au MNHN. Lors de la COP21, Ségolène Royal, ministre de l’environnement, l’énergie et la mer a annoncé la volonté de la France d’étendre ses réserves naturelles des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) en milieu marin. Depuis le 12 décembre 2016, la nouvelle réserve naturelle couvre 672000 km².

 

Les chercheurs des laboratoires BOREA (« Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques », CNRS/MNHN/IRD/UPMC/Université Caen Normandie/Université des Antilles), LOCEAN (laboratoire d'océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques, UPMC/CNRS/MNHN/IRD), du centre d’études biologiques de Chizé (CEBC), du CLS (Collecte, localisation, satellites) et de « Biogéosciences » de l’université de Bourgogne, ont travaillé sur ce projet autour des îles Crozet et Kerguelen.

 

Manchots royaux, îles Kerguelen. © P. Koubbi

 

BOREA et LOCEAN ont ainsi travaillé sur la meilleure définition possible de régions océaniques fondées sur la dynamique océanographique (zones de fronts, zones de rétention, enrichissement par les îles…), la production due au phytoplancton ou les abondances du zooplancton ou des poissons. À ces régions se sont ajoutées les données de suivis d’oiseaux et de mammifères marins du centre d’études biologiques de Chizé. Ces données permettent d’identifier les aires importantes pour les oiseaux et mammifères marins.

 

Durant l’été 2016, ces travaux ont été présentés à un groupe de travail international de la CCAMLR. Puis, la réserve naturelle des Terres australes françaises a proposé son projet d’extension des réserves marines au-delà de la zone côtière où on les trouve actuellement. Le projet a été soumis à la décision interministérielle sous l’égide du ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer. La publication du décret concernant l’extension de la réserve marine est maintenant le point de départ d’un travail sur le plan de gestion de cette réserve.

 

Ce projet propose des aires marines protégées d’environ 250000 km2 pour Crozet et de 387 000 km2 pour Kerguelen incluant des zones de réserve stricte. S’ajoute également une réserve plus petite autour des îles Saint Paul et Amsterdam Cependant, ce projet ne peut pas être complet sans considérer dans leur globalité les aires importantes pour les oiseaux et mammifères marins de ces îles subantarctiques qui, pour certains, s’alimentent en dehors des zones économiques exclusives françaises. Les scientifiques ont ainsi proposé un projet sur deux zones d’intérêts en haute mer pour future présentation à la CCAMLR. La première se situe au niveau du Front Polaire Antarctique au Sud de la ZEE de Crozet là où s’alimentent les manchots royaux. La seconde se situe à l’Est de Kerguelen où se localisent, entre autres, les éléphants de mer.

 

Le LOCEAN, BOREA et le CEBC travailleront ensemble afin de déterminer des aires marines protégées pélagiques incluant l’écorégionalisation océanographique et les zones essentielles pour les prédateurs supérieurs. Ces futures AMP répondront à plusieurs objectifs, en particulier, les effets des changements climatiques. En effet les zones en marges de l’océan Austral comme les zones subantarctiques font parties des régions les plus menacées par les changements climatiques car si les fronts bougent, les îles où se trouvent les colonies d’oiseaux ne bougent pas.

 

Parallèlement, nos chercheurs poursuivent la défense au niveau de la CCAMLR du projet d’Aires Marines Protégées de l’Antarctique de l’Est. Ce projet est porté par l’Australie et l’Union Européenne et ses états membres avec une participation majeure de la France. Philippe Koubbi (UMR BOREA) poursuivra la défense de ce projet au sein de la CCAMLR.

Pour en savoir plus :

Unité « Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques » (BOREA, CNRS/MNHN/IRD/UPMC/Université Caen Normandie/Université des Antilles)Nouvelle fenêtre

Laboratoire d'océanographie et du climat : expérimentations et approches numériques (LOCEAN, UPMC/CNRS/MNHN/IRD)Nouvelle fenêtre

Centre d’études biologiques de Chizé (CEBC)Nouvelle fenêtre

Laboratoire « Biogéosciences » de l’université de BourgogneNouvelle fenêtre

Le groupe CLS (Collecte, localisation, satellites)Nouvelle fenêtre



19/12/16