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Matériaux du patrimoine : des appareils portables pour des analyses in situ

Vénus et Énée ne peuvent pas se déplacer ? Qu’à cela ne tienne ! Les ingénieurs du laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (LAMS, CNRS/UPMC) peuvent leur rendre visite et analyser sur place les pigments utilisés par Nicolas Poussin. Pour ce faire, ils utilisent un équipement de diffraction et fluorescence X conçu et mis au point au laboratoire, et qui a la particularité d’être mobile.

 

La fluorescence X (XRF) et la diffraction des rayons X (XRD) sont deux techniques complémentaires et totalement non-invasives utilisées pour l’étude des objets du patrimoine. La XRF donne des informations sur la composition élémentaire des objets étudiés, mais ne permet pas de détecter les éléments chimiques les plus légers (hydrogène, carbone...). La XRD permet l'identification des phases cristallisées des pigments, des produits de dégradation, mais n'est pas adaptée à l'identification des matériaux amorphes. La combinaison des deux, déjà à l’oeuvre depuis plusieurs années dans des musées, monuments ou ateliers de restauration, sert à étudier toutes sortes de matériaux : peintures, céramiques, manuscrits, métaux... ainsi que gels ou cheveux !

 

Un hommage à Hélène Rousselière

Hélène Rousselière, ingénieure d’études CNRS au laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (LAMS, CNRS/UPMC), avait mis son expertise et son savoir-faire au service du dialogue entre chimistes, physiciens et historiens des techniques et des arts. Elle a participé à des missions aussi bien en France qu'à l'étranger pour des problématiques extrêmement variées, à des fins d'identification, de compréhension ou bien de restauration et conservation des oeuvres. Hélène Rousselière a ainsi pu analyser plusieurs toiles de grands maîtres, comme par exemple un tableau du Caravage exposé à la National Gallery of Ireland à Dublin, ou des peintures de Van Eyck au Musée van Beuningen à Rotterdam. Elle a également travaillé sur le triptyque du jugement dernier de Hans Memling au Musée National de Gdansk. Elle a pu accéder aux parois de la grotte préhistorique de Rouffignac en Dordogne pour caractériser les états de surface et les pigments apposés, et s’est rendue au Musée des Beaux-Arts de Liège pour étudier certains des « bleus » utilisés par Pablo Picasso pour son tableau La famille Soler (1903). Elle a collaboré à une étude de peintures de Nicolas Poussin (Vénus et Enée et L'Orage, Musée des Beaux-Arts de Rouen) pour tenter de comprendre sa pratique artistique, les mélanges de couleurs et leurs harmonies sur l'ensemble de son oeuvre. Hélène Rousselière s’en est allée prématurément en avril 2014.

Pour en savoir plus :

Laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (LAMS, CNRS/UPMC)Nouvelle fenêtre

 

Le programme CHARISMANouvelle fenêtre (Cultural Heritage Advanced Research Infrastructures, Synergy for a Multidisciplinary Approach to Conservation/Restoration)

 

Étude de la tête de St Candide à l'abbaye de Saint-Maurice, Suisse. © Hélène Rousselière

 

 

Étude de The ravine de Van Gogh, détail, Otterlo, Pays-Bas. © Hélène Rousselière

 

 

 

Étude du Jugement dernier de Memling, Gdansk, Pologne (à gauche, plan large © Philippe Walter ; à droite, détail © Hélène Rousselière)

 

Étude de Vénus et Enée, Nicolas Poussin, Rouen. © Philippe Walter

 

 

Étude de peintures murales, cathédrale de Chartres. © Philippe Walter

 

Étude des Alyscamps de Van Gogh, Otterlo, Pays-Bas. © Hélène Rousselière



12/05/14