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Le soleil, un faux-ami

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Le soleil, un faux-ami

Entre hâle et dommage, il faut choisir…

Ces dix dernières années, le nombre de consultations pour des cancers cutanés a augmenté de façon exponentielle. En cause, des temps d’exposition au soleil beaucoup plus longs, encouragés par les diktats de la mode et inhérents à l’allongement de l’espérance de vie ou à des activités professionnelles en extérieur. Sophie Godin-Beekmann, directrice de recherche CNRS au laboratoire « Atmosphères, milieux, observations spatiales » (Latmos, CNRS/UVSQ/UPMC), dirige l’observatoire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Cette géophysicienne spécialiste de la couche d'ozone stratosphérique, travaille depuis longtemps avec ses collègues médecins pour comprendre les effets du rayonnement ultraviolet sur la santé et en prévenir les méfaits.

 

Prendre un bain de soleil, oui mais avec modération L’exposition au rayonnement UV peut être bénéfique ou néfaste suivant la dose reçue. Ainsi, une exposition quotidienne courte (de 10 à 15 minutes) est essentielle pour favoriser la synthèse de vitamine D, une hormone nécessaire à la régulation du métabolisme du calcium. Par ailleurs, certaines maladies dermatologiques sont traitées par des expositions contrôlées aux UVA et UVB. En revanche, une surexposition au rayonnement UV peut induire de nombreux problèmes de santé d’ordre ophtalmologique (cataractes, kératites, dégénérescences maculaires) ou dermatologiques (coups de soleil, vieillissement accéléré, immunosuppression…).

 

La photocarcinogenèse cutanée peut occasionner deux types de cancers. Le mélanome provoqué par des expositions intermittentes aux UV, est très difficile à soigner à un stade avancé. Le nombre de cas double tous les 10 ans dans le monde chez les populations à peau claire. Les carcinomes cutanés causés par des expositions chroniques aux UV, sont rarement mortels mais laissent des séquelles inesthétiques après extraction chirurgicale.

 

Les origines de l’augmentation de l’incidence de ces cancers cutanés sont à rechercher dans trois directions. Les changements comportementaux incitent à des expositions plus longues et/ou plus intenses (vacances en lieux ensoleillés, phénomène de mode valorisant le bronzage). L’espérance de vie s’est considérablement accrue et des cancers peuvent apparaître à des âges plus avancés. L’intensité du rayonnement UV s’est accrue par endroit au cours des dernières décennies en raison de l’amincissement de la couche d’ozone et du changement climatique.

 

Le projet RISC-UV

Lancé en 2008, le projet RISC-UV qui réunissait des médecins (dermatologues, cancérologues, épidémiologistes) et des physiciens de l’atmosphère, visait à quantifier l’impact du changement climatique sur le rayonnement ultra-violet et les conséquences sanitaires. Un colloque a été organisé pour dessiner les contours de la problématique au sein de chaque communauté et à définir les besoins spécifiques des médecins pour les études épidémiologiques.

 

Une campagne expérimentale réalisée à l’automne 2008 sur le site instrumental de recherche par télédétection atmosphérique (SIRTA), a permis d’obtenir, d’analyser et de relier des valeurs du rayonnement UV obtenues à différentes échelles spatiales et par différents systèmes de mesure (embarqués sur satellite, au sol…).

 

Une analyse bibliographique (caractéristiques médicales, démographiques et comportementales) a servi à identifier et à préciser les parts relatives des paramètres anthropiques sur le risque de cancers cutanés. Plusieurs populations ont été ciblées : la population générale et des populations à risque accru de cancers cutanés telles que les transplantés d’organe et les patients infectés par le VIH. Toutes ces informations ainsi réunies ont permis aux scientifiques d’identifier des pistes pour affiner les modèles épidémiologiques pronostiques de l’évolution des cancers cutanés en fonction des modifications à venir des différents paramètres comportementaux et environnementaux.

 

Le projet EREBUS (Évaluation des Risques Et Bénéfices de l’exposition aux rayonnements Ultra-violetS)

Le projet EREBUS qui mobilise lui aussi des physiciens de l'atmosphère, des médecins dermatologues et des épidémiologistes, s’inscrit dans la suite logique de RISC-UV. Il a pour objectif l’évaluation des risques et des bénéfices de l'exposition au rayonnement ultraviolet (UV) en région tempérée (France). Motivé par la nécessité de disposer de données fiables pour les études épidémiologiques et de clarifier les messages de prévention, EREBUS est fondé sur l'évaluation et l'élaboration de climatologies de doses érythémateuses (apparition de coups de soleil) et de doses nécessaires à la synthèse de la vitamine D, l'étude des effets de la nébulosité sur les doses UV et la répartition spectrale du rayonnement UV à partir de mesures sol en France et la simulation des doses UV passées et futures par un modèle de climat.

Pour en savoir plus :

Laboratoire « Atmosphères, milieux, observations spatiales » (Latmos, CNRS/UVSQ/UPMC)Nouvelle fenêtre

 

Observatoire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines Nouvelle fenêtre



07/01/15