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L’arthrose n’est pas une maladie de vieux !

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L’arthrose n’est pas une maladie de vieux !

« Allo docteur, mon arthrose me fait mal ». Quel généraliste n’a jamais entendu pareille complainte dans sa patientèle ? Francis Berenbaum, professeur à la Faculté de médecine Pierre et Marie Curie, et chef du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine revient sur cette maladie articulaire chronique qui gêne le quotidien de milliers de Français.

 

Qui dit arthrose dit handicap dans la vie courante. Le handicap peut être induit par des maladies des articulations et autour des articulations (en particulier les tendons), ou bien directement lié à des problèmes d’ossature. Il existe d’autres formes de handicaps liés à des lombalgies.

 

Les pathologies articulaires

L’arthrose

Le cartilage est constitué de cellules simples, les chondrocytes. Un environnement inflammatoire combiné à du stress mécanique produit des enzymes en surface de ces cellules (les métalloprotéases), qui dégradent la matrice. L’arthrose est la pathologie la plus fréquente dans les pays développés. Elle touche 10 % de la population et provoque douleurs et handicaps. Le postulat « Arthrose égal personnes âgées et usure des articulations » est faux. Ce n’est ni une fatalité ni une maladie du vieux.

 

Radiographie des genoux : arthropathie destructrice avec subluxation fémoro-tibiale. © Mickaël Gallais – www.lecofer.orgNouvelle fenêtre

 

L’arthrose périphérique touche essentiellement les genoux, les hanches et les mains, voire d’autres articulations. Elle apparaît chez des sujets de plus en plus jeunes, en particulier chez les patients obèses ou en surpoids. L’obésité aboutit à un relargage de médiateurs de l’inflammation ayant un effet systémique qui agit à distance sur les articulations plus éloignées.

 

Une approche métabolique de l’arthrose

En réalité, il n’existe pas une arthrose, mais des arthroses et l’aspect phénotypique est fondamental. Il est fort possible que la physiopathologie de l’arthrose qui apparaît après un traumatisme (par exemple le retrait d’un bout de ménisque d’un genou) diffère de celle associée à l’obésité (en particulier avec syndrome métabolique). D’où un intérêt manifeste pour le diabète comme facteur de risque de l’arthrose.

 

Depuis avril 2013, des équipes de recherche préclinique et clinique ont débuté une cohorte de 500 patients ayant une arthrose des mains. Les patients seront suivis plusieurs années. Il s’agit d’un suivi très standardisé aussi bien sur le plan clinique que sur le plan biologique, radiologique avec une correspondance génétique, pour mettre en évidence de nouveaux facteurs pronostiques de cette maladie. Résultats prévus dans 6 à 8 ans.

 

Les recherches sur l’arthrose de la colonne vertébrale (rachidienne) sont beaucoup moins avancées. On ne connaît pas encore l’origine de la douleur, ni les mécanismes physiologiques impliqués. Les traitements symptomatiques sont les seuls existants (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroidiens). Les modèles précliniques, les modèles animaux d’arthrose et les approches « omiques » servent à mettre en évidence de nouvelles cibles thérapeutiques et de nouveaux biomarqueurs (comme la protéine 14-3-3 e publiée en avril 2013 par l’équipe de F. Berenbaum).

 

Le rhumatisme inflammatoire chronique

Le rhumatisme inflammatoire chronique (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite, rhumatisme psoriasique) est la deuxième forme la plus courante de rhumatisme qui touche plus de 500.000 personnes avec des profils différents. Des traitements innovants et révolutionnaires, les biothérapies, ont été testés et mis sur le marché depuis 2000.

 

La polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde touche à peu près la moitié des malades (0,5% de la population). Elle concerne plus souvent les femmes aux alentours de la cinquantaine mais peut toucher tous les âges et aussi les hommes. Il existe des formes infantiles et des formes du sujet âgé. Elle se manifeste par de grosses inflammations dans les mains, les pieds, mais peut également s’attaquer aux genoux, hanches, etc. Si l’on n’agit pas, elle peut donner lieu à des déformations très importantes des articulations avec douleurs et handicap. Heureusement, la plupart des patients sont mis en rémission complète grâce à des médicaments particulièrement efficaces (méthotrexate, biothérapies comme les anti-TNF, anti-IL6, anti-CD20, etc.).

 

La spondyloarthrite

La spondylarthrite ou spondyloarthrite (nomenclature internationale) touche autant l’homme que la femme dès l’âge de 20 ou 30 ans (0,5% de la population). Les douleurs sont plutôt localisées autour de la colonne vertébrale, ce qui entraîne souvent un retard au diagnostic (qui n’a pas mal au dos ?). Il existe là aussi des médicaments pour soulager la douleur et traiter la maladie.

 

Le handicap est lourd car les sujets sont réveillés pendant leur sommeil. Vers 2-3 heures du matin, un pic de sécrétion de cytokines provoque une inflammation suivie d’un enraidissement qui réveille les patients et nécessite un dérouillage matinal long (jusqu’à plusieurs heures) et fastidieux, d’où une intense fatigue dès le lever.

 

Les tendinopathies

On parle de plus en plus des troubles musculo-squelettiques (TMS), véritables sources de handicaps. Ce sont les tendinopathies, pathologies bénignes mais causes de nombreux arrêts de travail (tendinites liées à des gestes répétitifs, à la posture devant un écran, à l’utilisation de la souris d’ordinateur ou de consoles de jeux).

 

Les pathologies osseuses

L’ostéoporose est une maladie « silencieuse » qui touche essentiellement les femmes après la ménopause. Aucun handicap n’est à signaler jusqu’au jour où se produit la fracture, vertébrale ou du col du fémur en général. La maladie devient alors source de handicap récurrent et la patiente n’a qu’une alternative : soit la fracture est consolidée et la guérison est totale, soit elle souffre de douleurs chroniques (dorsales ou lombaires).Aujourd’hui encore, l’ostéoporose n’est pas décelée suffisamment tôt. La fracture sentinelle ou fracture du poignet, qui survient chez la femme relativement jeune (autour de la ménopause) devrait déclencher une évaluation systématique de l’existence d’une ostéoporose sous-jacente et permettrait de faire de la prévention secondaire pour éviter de nouvelles fractures y compris vertébrales.

 

Les traitements préventifs sont la prévention des chutes (pas de tapis, lunettes adaptées, etc., un apport supplémentaire en vitamine D, pour mieux retenir le calcium dans les os et les renforcer. Il existe également des traitements médicamenteux (bisphosphonates, ranélate de strontium, parathormone…).

 

Les métastases osseuses qui apparaissent par exemple dans le cancer du sein, peuvent être également source de maladie chronique, de douleurs ou de handicap, et augmentent le risque de fractures.

 

Pour en savoir plus :

Service de rhumatologie de l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP/UPMC)Nouvelle fenêtre

 

Ligue européenne anti-rhumatismaleNouvelle fenêtre (voir onglets « EU affairs » et « bone and joint decade »)

 

La plateforme officielle des solutions anti-arthroseNouvelle fenêtre

 

Association française de lutte antirhumatismale (Aflar)Nouvelle fenêtre

 

Collège Français des Enseignants en Rhumatologie (COFER)Nouvelle fenêtre

 

Osteoarthritis Research Society International (OARSI)Nouvelle fenêtre



28/07/14