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Combattre le handicap visuel

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Combattre le handicap visuel

Recouvrer la vue : science ou science-fiction ?

 

Aujourd’hui, près de 3 Français sur 100 sont confrontés à des problèmes de vision, et plus de 200.000 sont malvoyants profonds ou aveugles. Si les progrès thérapeutiques de ces dernières années n’aboutissent pas toujours à une guérison totale, ils contribuent néanmoins à limiter le handi­cap et les troubles associés, en restaurant une partie de la vision ou en pro­posant des solutions palliatives. Pour José-Alain Sahel, professeur d'ophtalmologie à l’université Pierre et Marie Curie, et directeur de l’Institut de la vision (CNRS/UPMC/Inserm), et toutes les équipes qui y travaillent le patient, son bien-être et son quotidien sont la priorité.

 

José-Alain Sahel © Laurent Ardhuin pour l'UPMC

 

Quels types de pathologies rencontrez-vous au quotidien ?

José-Alain Sahel. Nous avons affaire à des personnes malvoyantes ou aveugles en raison de pathologies génétiques, et à des patients touchés par une maladie de la rétine, une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), une rétino­pathie diabétique, un glaucome… Jusqu’à très récemment, on incriminait surtout le vieillissement naturel de la population. Mais les modes de vie parfois déséquilibrés dans les pays occidentaux (facteurs cardio-vasculaires et métaboliques, tabagisme) contribuent eux aussi à une inflation des cas de diabète ou d’hypertension et donc de troubles de la vision.

 

Les déficiences visuelles surviennent à tout âge de la vie. Le diagnostic est-il parfois trop tardif ?

J.-A. S. Le dépistage précoce reste insuffisant en maternité ou dans la petite enfance. Et les simples tests d’acuité visuelle ne permettent pas de repérer la diversité des troubles de la vision. Moins de la moitié des anomalies visuelles sont dépistées chez le jeune enfant, lors de visites médicales en cours de scolarisation ou en cas de retard de développement psychomoteur.

 

Chez les seniors, environ 600.000 personnes sont atteintes de glaucome, mais beaucoup l’ignorent ou le négligent ! 800.000 diabétiques de type II ont un suivi ophtalmique incomplet. Certains sujets très âgés atteints de cataracte vivant en institution ne sont pas opérés. Et au moins un titulaire sur cinq du permis de conduire est en état d’inaptitude visuelle légale.

 

L’Institut de la vision que vous dirigez, conjugue en un même lieu recherches fon­damentale, clinique et industrielle.

J.-A. S. Les équipes travaillent à la fois à la compréhension des mécanismes physiopathologiques, à la mise au point de soins et de traitements (rétine artificielle, thé­rapie génique, cellulaire, optogénétique…). Ainsi structurée, la recherche clinique facilite et accélère le transfert des innovations vers les populations cibles et permet la validation de nouvelles solutions diagnostiques et thérapeutiques. La synergie entre recherche académique et industrielle se conjugue des approches multidisciplinaires en biologie, physique, mathématiques où les approches non finalisées gardent toute leur place…

 

Pour vous comme pour vos équipes, le handicap est l’affaire de tous.

J.-A. S. Les maladies et handicaps visuels ont un fort impact sur la scolarité, la formation, l’employabilité, l’insertion, l’autonomie des personnes atteintes, engendrant des coûts médicaux et sociétaux très élevés. Ces dernières années, la France a connu de potentielles avancées législatives pour l’ensemble des personnes handicapées en termes d’accessibilité et de reconnaissance de leurs droits fondamentaux. Mais des adaptations et des ajustements sont encore nécessaires pour tenir compte de la spécificité des besoins de certains handicaps. Le handicap visuel peut être partiellement compensé par des technologies adaptées comme la réalité augmentée, la domotique, la robotique… Nous cherchons sinon à guérir, du moins à améliorer le quotidien des personnes malvoyantes ou aveugles, et à leur assurer une pleine et entière intégration dans la cité.

 

Quelle place le handicap tient-il à l’Institut de la vision ?

J.-A. S. L’équipe composée d’opticiens-optométristes, d’orthoptistes, d’ergonomes, spécialistes de l’accessibilité... accompagne les industriels et acteurs publics dans leurs projets de développement de produits et services, ainsi que dans la mise en accessibilité de l’espace urbain, des transports, bâtiments, postes de travail… Nous disposons au sein de Streetlab de plateformes d’expérimentation qui permettent d’évaluer l’apport d’aides techniques et de valider des solutions dans des conditions réalistes.

 

Pour en savoir plus :

Institut de la vision (CNRS/UPMC/Inserm)Nouvelle fenêtre

 

La fondation « Voir et entendre »Nouvelle fenêtre

 

À lire dans ce dossier : « Qui a vu verra ? Des thérapies pour rendre la vue »

 

À lire dans ce dossier : « Une mise en accessibilité de l'espace urbain pour les déficients visuels »

 

Le labex Lifesenses. Des sens pour toute la vieNouvelle fenêtre

Un sens déficient, c’est tout un engrenage de conséquences. L’autonomie, l’emploi ou encore l’éducation d’une personne en sont impactés. Des progrès majeurs sont attendus pour aider les patients atteints de déficits sensoriels peu ou pas traités actuellement. Dans les domaines de la vision (Institut de la Vision) et de l’audition (Laboratoire du Pr Christine Petit, Inserm, Institut Pasteur, Collège de France), le Labex Lifesenses ambitionne de renforcer la recherche et de transformer la prise en charge des affections et du handicap.

 

La médaille de l’innovation du CNRS 2012 Nouvelle fenêtre(conjointement avec le physicien Alain Benoît et le bio-pharmacien Patrick Couvreur)



17/10/13