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L’art est-il durable ou éphémère ?

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L’art est-il durable ou éphémère ?

Le problème de la photodégradation et de la conservation

Nombreux sont les artistes qui utilisent toute sorte de matériaux pour bâtir l’œuvre de leur vie. Or, la consommation qu’ils font de colorants ou de matières synthétiques, n’est pas sans conséquence. Et plus que la malléabilité de l’argile, la beauté du bois ou la solidité de la pierre, que recherchent-ils ?

 

Une œuvre est, de façon inéluctable, soumise à des altérations qui peuvent être dues à des accidents environnementaux (incendie, inondation) ou mécaniques (enfoncement, perforations), à de mauvaises conditions de conservation (humidité, fumée, poussière), à des attaques d’insectes ou, tout simplement, à l’évolution des matériaux au cours du temps.

 

Depuis quelques années, les scientifiques s’intéressent de près aux objets patrimoniaux. D’un côté, ils cherchent à caractériser la nature des matériaux constitutifs, à évaluer leur état de conservation, et à connaître les causes de leur dégradation. De l’autre, ils s’efforcent de développer de nouvelles méthodes de préparation des matériaux pour prolonger leur durée de vie et restreindre la formation d'artéfacts.

 

Le projet de recherche multidisciplinaire coordonné par Maguy Jaber et ses collègues brésiliens vise à déterminer la nature des matériaux présents dans les objets d’arts, et plus particulièrement les peintures, afin de retrouver les couleurs originelles, d’écrire des chapitres de l’histoire des techniques et de préserver les œuvres anciennes. Si différentes approches sont mises en place, elles devront toutes passer d’un système complexe (l’oeuvre d’art) à un système modèle analysable par les techniques du laboratoire.

 

La photodégradation des colorants est un phénomène couramment observé dans les peintures, par exemple la décoloration du rose à base d’éosine de L’Église d’Auvers-sur-Oise de Vincent van Gogh. De même, Auguste Renoir fut surpris de la décoloration du rouge dont il usait abondamment, notamment dans son célèbre tableau Madame Léon Clapisson.

 

Madame Léon Clapisson, Pierre-Auguste Renoir, 1883. D. R.

 

La combinaison entre les colorants naturels ou synthétiques et la résistance des structures inorganiques posent la question de l’obtention de matériaux hybrides aux propriétés améliorées et possédant une meilleure stabilité. L’idée sous-jacente au projet est d’améliorer par complexation dans les argiles, la stabilité des colorants employés aujourd’hui dans un contexte industriel (pigments, produits de maquillage, peinture). Les oeuvres apparaîtront ainsi comme au premier jour…

 

Le bleu d’indigo dans l’argile palygorskite (Fantacci et al., 2010).

Pour en savoir plus :

Côté France

Maguy Jaber, laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (LAMS, UPMC/CNRS)

Côté Brésil

Maria-Gardennia da Fonseca, laboratoire des matériaux et combustibles (dir. Antônio Gouvéia de Souza), Université Fédérale de Paraíba, João Pessoa

Edson Cavalcanti da Silva Filho, laboratoire des matériaux avancés, Université fédérale de Piaui

 

Laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale (LAMS, UPMC/CNRS)Nouvelle fenêtre



17/06/14