Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Récifs et vers marins, entre eux, ça colle !

accès rapides, services personnalisés

Rechercher

Recherche détaillée

Récifs et vers marins, entre eux, ça colle !

Qui n’a jamais essayé de faire tenir un morceau de plastique ou de ruban adhésif sur une surface humide et a dû y renoncer après plusieurs tentatives ? Le découragement passé, regardez donc autour de vous. Il existe des matériaux naturels qui se jouent des lois du décollement. Ces bio-adhésifs à hautes performances en milieu humide très prisés par l’industrie se retrouvent chez certaines espèces de bactéries, de champignons, de protistes, de végétaux et d’animaux. Jean-Philippe Buffet est post-doctorant dans l’unité BOREA. Dans le cadre d’une convention MNHN/Saint-Gobain Isover, il étudie de près des vers marins appartenant à la classe des polychètes qui forment parmi les plus gros récifs bio-construits en Europe. Et si c’étaient eux la solution ?

 

Les scientifiques de BOREA travaillent en particulier sur des vers tubicoles marins appartenant à la classe des polychètes. Ces vers vivent dans des tubes protecteurs qu’ils fabriquent avec un assemblage de grains de sable, de morceaux de coquille et d’une colle aquatique à base de protéines, de polysaccharides et d’ions. Certaines espèces vivant de manière isolée forment des tubes flexibles alors que d’autres vont former des tubes plus rigides ; d’autres espèces encore forment des tubes rigides mais vivent en colonies et construisent ainsi de véritables récifs.

 

Colonies de Sabellaria alveolata formant un plateau pouvant atteindre 1 mètre 50 de haut, recouvrant la plage. © Lopez et Buffet

 

Dans ce contexte, l’équipe de R&D « Produits, systèmes et solutions » de Saint-Gobain Isover et l’équipe « Évolution des biominéralisations et adaptation aux contraintes environnementales » se sont associées pour développer une approche biomimétique visant à identifier, caractériser les molécules d’adhésion de vers tubicoles marins et étudier la transférabilité des composés identifiés vers des processus industriels.

 

Bloc de Phragmatopoma caudata après 24h d’élevage dans le dispositif présenté dans la photo précédente. Les vers ont utilisés les billes pour reconstruire leur tube. © Yolande Bouchon

 

L’objectif principal de ce projet postdoctoral est d’identifier les domaines et motifs moléculaires impliqués dans l’adhésion de plusieurs espèces de polychètes tubicoles marins (e.g., Sabellaria alveolata, Lanice conchilega, Phragmatopoma caudata), provenant d’écosystèmes différents (tempérés et tropicaux). Dans un premier temps, les gènes codant pour les précurseurs protéiques et les enzymes permettant la synthèse de polysaccharides seront identifiés par des études de génomique comparative.

 

Observation de Phragmatopoma caudata à la loupe binoculaire. © Yolande Bouchon

 

Dans un second temps, les molécules formant la bio-colle seront extraites puis caractérisées par spectrométrie de masse ainsi que par résonance magnétique nucléaire. La perspective de développement industriel d’adaptation et de transfert des molécules et/ou des fonctions identifiées est à l’étude en partenariat avec les équipes de Saint-Gobain Isover.

 

Observation de Lanice conchilega à la loupe binoculaire. © Lopez et Buffet

 

Pour en savoir plus :

Unité mixte de recherche « Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques » (BOREA, CNRS/MNHN/UPMC/IRD/UCN/UA)Nouvelle fenêtre

Équipe « Évolution des biominéralisations et adaptation aux contraintes environnementales »Nouvelle fenêtre

 

Lien vers un site qui décrit la colle produite par le vers marin Phragmatopoma caudata : http://www.bioen.utah.edu/faculty/RJS/LabSite12/sandcastle%20glue.html



24/05/16