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UE2 - Linguistique

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UE2 - Linguistique

PRÉSENTATION PÉDAGOGIQUE DE L’UE : OBJECTIFS ET CONTENU

 

a) Objectifs pédagogiques

L'objectif principal de cette unité d’enseignement (UE) est de donner un aperçu, le plus complet possible, du rôle de la linguistique par rapport à la recherche anthropologique actuelle, afin d’expliciter le rapport dynamique entre identité culturelle, sociale et généalogique et la (les) langue(s) qui en est(sont) un miroir.

Cette UE n’a pas vocation à aborder les thèmes liés à l’origine de la langue et du langage, ou les mécanismes neurophysiologiques qui permettent la communication.

L’idée générale est plutôt de présenter la variabilité linguistique comme un outil afin de mieux décrire et comprendre l’histoire et les contacts des populations humaines à grande, petite ou moyenne échelle, sur un temps long ou bref. Le nom de l’UE explicite cette ambition car il est inspiré par une discipline similaire, la génétique des populations.

Similairement à cette dernière, la « linguistique des populations » n’a pas vocation à étudier la « langue » mais à déduire la dynamique sociale et généalogique des populations qui la parlent à travers sa variation, historique ou contemporaine, consciente ou inconsciente. Les langues sont des produits des sociétés humaines et tout comme les sociétés elles se transforment, donnent lieu à d’autres langues et, parfois, s’éteignent. Leur identité n’est pas figée : elles ont toujours interagi les unes avec les autres, parce que les populations qui les parlent sont en perpétuelle évolution.

b) Fonctionnement et contenu

Dialectologie (3h) par F. Manni

Toute langue naturelle présente des variantes. Les variantes géographiques sont appelées dialectes et témoignent de la distance à laquelle se font les échanges humains. Les langues nationales, officielles, correspondent à une norme artificielle, le français de l’Académie française, l’Italien officiel qui correspond au dialecte de la Toscane (rendu prestigieux pour une certaine production littéraire), le néerlandais qui est un assemblage de plusieurs dialectes standardisés, etc. À partir d’une variété linguistique donnée, l’éloignement géographique, l’absence de contacts entre certains groupes sociaux (castes, strates sociales par exemple) donnent invariablement lieu à une diversification qui s’opère avec le temps et qui peut augmenter ou rétrécir au gré des phénomènes sociaux, politiques et économiques.

 

Modes de variation géographique (2h) par F. Manni ou P. Darlu

Les variantes linguistiques, les dialectes, changent, plus ou moins graduellement dans l’espace, et forment, la plupart du temps, un continuum. Si l’on marche en ligne droite de la Catalogne aux Flandres, en faisant une halte dans chaque village rencontré, on constatera un changement progressif, parfois plus fort, parfois moins. Ce gradient, bien que influencé par les langues officielles enseignées à l’école, par les medias, par les frontières nationales, par des barrières géographiques (montagnes, mers, etc.) fait que deux populations voisines peuvent presque toujours se comprendre si elle parlent leur dialecte, qui est, en réalité, la « langue » naturelle. Évidemment, des isolats linguistiques existent aussi mais il est rare que leur frontière linguistique soit totalement abrupte.

 

Sociolinguistique

Parler la même langue, ou des variantes proches, c’est partager et construire une culture commune. Néanmoins les locuteurs d’un groupe sont très conscients de leur proximité ou différence linguistique par rapport à un autre et, selon les occasions et le contexte, peuvent la diminuer ou l’augmenter pour marquer une différence ou la réduire. Le locuteur décide souvent ce qu’il veut faire, comment il veut parler, selon des motivations sociales. Une branche de la linguistique (la sociolinguistique) s’intéresse à ces phénomènes. Les femmes parlent, en général, plus poliment que les hommes. Les élites adhèrent plus souvent à la norme de la langue officielle. Des innovations linguistiques, des expressions, naissent et meurent chaque jour (verlans, abréviations, citations récurrentes, tournures, etc.) avec le but avoué de renforcer la cohésion au sein d’un cercle plus au moins fermé de locuteurs.

 

Comment une langue perdure ou disparaît ?

Les langues sont une convention partagée par les locuteurs. Si elles sont toutes héritées, elles peuvent se différencier dans le temps et l’espace entre groupes qui communiquent peu ou pas du tout.

Diminution du nombre de locuteurs

Si un très grand nombre de locuteurs assure l’avenir d’une langue, des groupes peu nombreux peuvent disparaître entraînant ainsi la perte de leur façon de parler. Ce phénomène a sûrement été un facteur important dans le passé lointain de l’humanité, quand la survie était un enjeu majeur.

Migrations, domination, politique

Les migrations, les invasions, l’extension d’une aire culturelle, la domination politique, sont d’autres phénomènes bien connus qui entraînent l’expansion de certaines langues et le rétrécissement, ou la disparition, d’autres. Si les massacres et les déportations sont les actes les plus visibles d’une perte forcée de l’identité culturelle, le choix délibéré d’en embrasser une différente est un des facteurs principaux du changement linguistique. Une nouvelle langue peut être vue comme prestigieuse, utile, synonyme d’avenir et ainsi être adoptée.

Changement de culture

Il a été dit qu’une langue est une sorte de « vitrine » d’une culture, d’un mode de vie. Lorsque celle-ci change, les locuteurs peuvent décider d’abandonner volontairement leur langue, de ne plus la transmettre aux enfants : c’est le cas de populations qui ne trouvent plus « leur compte » dans un mode de vie précédent comme, souvent, les immigrés. Il ne faut pas oublier qu’enseigner une langue demande des efforts très importants, l’apprendre encore plus. Il faut qu’ils soient justifiés.

 

Multilinguisme

Le phénomène de changement linguistique est souvent très fluide car, contrairement à l’Europe des Nations, la condition la plus fréquente de l’humanité est celle du multilinguisme : une langue familiale, une langue pour le marché, une langue administrative, les langues apprises à l’école, la langue de la religion, les langues des voisins, etc. Chaque langue contribue à l’identité personnelle et en perdre une (le plus souvent celles des ancêtres) ne corresponds pas forcement à une perte d’identité.

 

Disparition des langues vs. Disparition des cultures

Les langues en cours de disparition émeuvent les sensibilités, même si les cultures qu’elles exprimaient ont presque toujours disparu quelque temps avant. Si des efforts sont fait pour les préserver (enseignement à l’école, espacent dans les médias, etc.) elles peuvent survivre mais n’auront plus un rôle vital dans la société sauf celui d’une revendication politique et identitaire.

Si un certain nombre de langues va bientôt disparaître, presque autant sont en expansion, ce qui signifie aussi qu’elles sont en cours de différenciation. L’inventivité linguistique humaine est illimitée et nous « jouons » sciemment avec les codes linguistiques pour nous rapprocher ou nous éloigner d’un interlocuteur. Avec le temps, avec l’éloignement, géographique ou social, des variantes apparaissent et l’intercompréhension peut diminuer réellement comme pour le français de France et celui du Québec, pour le néerlandais des Pays-Bas et celui de l’Afrique du Sud, qui continuent de diverger. Bizarrement, pour des raisons pas toujours claires, un groupe semble toujours mieux en comprendre un autre.

 

Déroulement de l'UE

Deux tiers de l'activité étudiante sera constitué de cours magistraux (séquences de deux heures qui peuvent être couplées en fonction de la présence d'enseignants de pays du Sud).

Les séances de TP/TD (un tiers de l’activité) porteront sur l’analyse de matériel linguistique (enregistrements, atlas linguistiques) déjà disponible et à recueillir  des informations tout en faisant une analyse qualitative et quantitative.

 

DESCRIPTIF DE L’UE

 

Nombre de crédits : 3 ECTS

Volume horaire global : 18h CM, 12h TD/TP, 6h travail personnel et présentation.

Barème des examens : CC : 40 % - écrit et oral : 60 %

 

Période : S3

Code de l’UE : 2HP32

Responsable

Franz Manni, maitre de conférences au Muséum national d’Histoire naturelle, Paris

franz.manni@mnhn.fr

 

Secrétariat

Aurore Gilet

Tour 46/00 salle 102, Case courrier 130

Téléphone 01 44 27 25 56

aurore.gilet@upmc.fr



05/10/17