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La médecine antique mot à mot

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La médecine antique mot à mot

Véronique Boudon-Millot est directrice du laboratoire « Orient et Méditerranée » (CNRS/Paris-Sorbonne/Panthéon-Sorbonne/EPHE/Collège de France). Elle intervenait le jeudi 20 avril à l'UPMC pour la conférence "Pleine lumière sur la santé", afin d'apporter son éclairage sur le savoir médical hérité de l'Antiquité. Au sein de son équipe internationale, elle étudie, édite et traduit les textes médicaux hérités d’Hippocrate, de Gallien et des médecins byzantins, qui ont fondé la médecine occidentale contemporaine.

 

La littérature médicale grecque antique héritée des travaux d’Hippocrate pose en effet les fondements de la médecine occidentale actuelle. C’est lui qui, au Ve siècle avant notre ère, distingue la médecine des croyances religieuses et en fait un domaine de recherche rationnel. Cet héritage savant est accessible à travers les textes recopiés par des générations de scribes, notamment à Istanbul, pendant tout le Moyen Âge jusqu’au début du XVIe siècle avec l’invention de l’imprimerie. Après la chute de Constantinople, la plupart de ces écrits ont été rapatriés en Occident, surtout en Italie. « Les plus anciens manuscrits remontent au Xème siècle. Plusieurs siècles séparent ainsi les travaux d’Hippocrate et les premiers écrits que nous possédons, avec tout ce que cela comporte en erreurs et omissions » explique Véronique Boudon-Millot. Pour avoir accès au texte le plus fiable possible, elle et son équipe mettent en œuvre la méthode philologique. Ils collationnent tous les témoins conservés pour un texte donné et relèvent toutes les variantes, les omissions, les fautes. « Ces fautes nous permettent de déterminer des grandes familles de textes et d'établir des stemmas : des tableaux généalogiques de manuscrits sources d’une même œuvre. » Par exemple, si un manuscrit ne comporte aucune omission, il sera forcément situé avant les autres dans le temps, et inversement. Après avoir établi le stemma, seuls les manuscrits les plus conservateurs servent à l’édition du texte.

Le texte est ensuite comparé aux traductions syriaques, arabes ou latines, « car elles correspondent à des civilisations qui ont travaillé sur des textes très anciens et ont pu avoir accès à un manuscrit grec de meilleure qualité ». La traduction finale est éditée dans la Collection des Universités de France, dite "Collection Budé", accompagnée de traductions françaises et de notices. « Ces sources sont la base de travail des historiens, mais servent aussi au corps médical. Les premiers grands philologues étaient d’ailleurs des médecins. Emile Littré, célèbre médecin, est par exemple à l’origine de la première édition philologique d’Hippocrate traduite en français. »

En savoir plus

Le cycle de conférences « Pleine lumière sur la santé ».

 



26/04/17